La BCE vise toujours une inflation de 2% en zone euro.

L’inflation n’est pas qu’une affaire de chiffres – et en ce moment plusieurs facteurs viennent alimenter l’hypothèse d’une hausse généralisée des prix : il est temps de se mettre à l’abri…

Les modèles, comme nous avons commencé à le voir hier, sont toujours fantaisistes. Les 2 000 économistes de la Fed préparent des modèles destinés à prédire la croissance du PIB, par exemple. Inévitablement, ces modèles doivent constamment être revus… de manière à ce que l’ultime courbe, sur le graphique, finisse par correspondre à la réalité.

Lorsque Milton Friedman a modélisé l’inflation pour la réduire à un « phénomène monétaire », il a dû mettre de côté le mystère et la poésie… le côté moral de l’affaire… les surprises… la politique, les paniques et la folie… et toutes les autres choses qui s’allient pour faire un authentique épisode inflationniste.

C’est-à-dire qu’il a dû vider le marais de tout ce qui n’entrait pas dans son modèle – les marées de crainte puis d’avidité… les animaux sauvages… le clapotement et la viscosité de la boue vierge.

Que lui restait-il ? Des chiffres. Des chiffres qui suivent ses ordres. Des chiffres qui ne se plaignent ni ne gémissent lorsqu’il les passe à la moulinette. Des chiffres qui ne posent pas de questions.

Il n’y a pas que les chiffres, cependant…

Dans la version épurée, simplifiée, l’hyperinflation allemande a été causée par les chiffres. En 1918, l’Allemagne comptait quelque 32 milliards de marks en circulation. En 1923, lorsque l’architecte de la politique monétaire allemande, Rudolf von Havenstein, est mort d’une crise cardiaque, elle en avait 500 trillions.

Mais l’Allemagne venait aussi tout juste de perdre une guerre dévastatrice. Elle avait perdu son coeur industriel – la vallée de la Ruhr. Ses vétérans au chômage se battaient dans les rues… les communistes contre les national-socialistes.

Enfin, elle avait été contrainte de verser la quasi-totalité de sa vraie monnaie – l’or – en réparations à la Grande-Bretagne et à la France.

Ces choses n’étaient pas des chiffres. Et elles n’étaient pas strictement monétaires. Mais elles comptaient aussi.

Aux Etats-Unis, s’ils avaient été moins dociles, les chiffres auraient pu se lever en 1971, lorsque Richard Nixon a séparé le dollar de l’or, et demander : « maintenant que les autorités peuvent imprimer de la monnaie à volonté, ne vont-elles pas inévitablement en emprunter trop ? N’est-ce pas la leçon de 2 000 ans d’histoire monétaire ? »

Huit ans plus tard, ils auraient eu d’autres questions : « la Chine rejoint l’économie mondiale, quelles conséquences cela aura-t-il ? Le pays a environ 500 millions de personnes prêtes à être mises au travail. Quels seront les effets sur l’inflation ? »

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