L’UE veut prendre le chemin d’un euro numérique, les banques privées s’inquiètent

Bruxelles continue à plaider pour la création d’un euro numérique. Une perspective qui n’enchante pas certaines banques privées qui craignent d’être mises sur la touche par la BCE.

À l’heure où les cours des cryptomonnaies, comme celui du bitcoin, atteignent des niveaux records, Bruxelles multiplie les appels pour la création d’un euro numérique. Le dernier sommet de la zone euro a de nouveau mis l’accent sur cette dématérialisation, demandant à ce que des expérimentations soient entreprises en ce sens.

«Nous appelons de nos vœux un secteur financier numérique plus fort et plus innovant et des systèmes de paiement plus efficaces et plus résilients. Dans ce contexte, il convient de faire avancer les travaux exploratoires sur l’introduction éventuelle d’un euro numérique», exposent les membres du sommet dans une déclaration.

Un pas de plus donc en direction d’une monnaie européenne numérique, alors que la BCE avait déjà lancé une consultation sur le sujet dans les pays de la zone euro en octobre.

Si les contours de cette potentielle devise sont encore mal définis, elle devrait en tout état de cause être «émise par l’Eurosystème (la BCE et les banques centrales nationales)» et pouvoir «interagir avec les solutions de paiement privées», précise la BCE sur son site. Cette dernière met l’accent sur l’accessibilité de ce potentiel euro numérique, destiné aux «ménages comme [aux] entreprises», y compris pour des «paiements quotidiens».

L’initiative pourrait également avoir un «intérêt défensif», afin d’éviter que des acteurs privés n’en viennent à généraliser d’autres monnaies virtuelles, comme le précisait à Sputnik Nicolas Dufrêne, économiste et directeur de l’Institut Rousseau en novembre.

«Il peut y avoir une optique défensive […]. Il y a cette idée de dire: “si des acteurs privés cherchent à imposer une monnaie numérique dont l’utilisation se généraliserait, conservons nous aussi la possibilité de mettre en place une monnaie numérique», expliquait-il alors.

Un danger prégnant à l’heure où le paiement en bitcoin séduit de plus en plus de multinationales, au risque d’engendrer une forme d’hégémonie sur les autres cryptodevises. Le 24 mars, Elon Musk a déclaré que Tesla acceptera dorénavant les règlements en bitcoin.

Lire la suite de cet article >>>

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *