En ces temps de crise profonde où il devient très difficile d’anticiper les évolutions économiques à court terme en raison de l’extrême incertitude qui entoure chaque variable, les agents économiques cherchent par tous les moyens à couvrir la valeur de leur stock de noisettes. Bien entendu, la peur d’une dépréciation du patrimoine ne concerne que les chanceux qui en possèdent un… Pour les autres, il s’agit avant tout de sauvegarder leur emploi et le salaire afférent.

Dans ce contexte très tendu, la quête d’une richesse dont la valeur est sécurisée pousse de plus en plus de personnes à investir dans l’or, la célèbre relique barbare selon Keynes. D’où une hausse très importante de son cours depuis le début de l’année qui, par un mécanisme mimétique bien connu, conduit d’autres personnes à en acheter dans l’espoir de réaliser une plus-value à terme. Ce billet a donc pour objet de présenter un aperçu global du marché de l’or mondial et de rappeler que si aujourd’hui n’importe quel strass peut remplacer la gemme, alors les cryptomonnaies deviennent des concurrents directs du lingot d’or…

L’évolution du cours de l’or

Sur les marchés internationaux, l’or est coté en dollar par once (US$/oz), sachant que 1 oz (troy) = 31,10348 grammes. Même si l’or peut être coté sur de nombreuses bourses dans le monde, c’est le fixing de Londres (10h30 historiquement et 15h) qui fait référence (ici en dollars US sur le graphique) :

[ Source : LBMA ]

Ainsi, le cours de l’or tutoie les 2 000 dollars par once, ce qui n’a pas manqué de provoquer des torrents de commentaires et d’attirer tous les spéculateurs en herbe. Il est vrai que le cours de l’or étant le plus souvent libellé en dollars, une dépréciation du billet vert rend mécaniquement l’achat d’or plus attrayant pour les agents qui utilisent une autre devise que le dollar.

L’offre d’or sur le marché mondial

Certes, l’or est une matière première, mais comme le disait Keynes c’est aussi “une relique barbare” lorsqu’il est utilisé dans le cadre de l’étalon or, système monétaire dont je vous parlerai très prochainement. Quoi qu’il en soit, mesurer la richesse d’un pays à ses réserves en métal précieux me semble particulièrement déraisonnable… Mais pour en revenir au marché physique de l’or, l’offre est alimentée par trois sources :

* la production minière (3 530 tonnes en 2019, en stagnation ce qui fait craindre à certains la fin de la veine d’or…) ;

[ Source : https://www.gold.org ]

* le recyclage (bijoux, dentaire, etc. pour un volume de 1 300 tonnes environ en 2019) ;

* le déstockage.

Au total, en 2019, l’offre du marché est constituée de plus de 4 800 tonnes d’or issues de la production minière et du recyclage :

[ Source : https://www.gold.org ]

La demande d’or mondiale

La demande, quant à elle, provient de :

* la bijouterie, qui représente bon an mal an 50 % de la demande mondiale en or (2 122 tonnes en 2019) ;

* l’investissement en lingots, pièces d’or, médailles, ETF et assimilés, qui représente 30 à 40 % de la demande mondiale et correspond en partie à la demande en valeur refuge (1 273 tonnes en 2019) ;

* les achats d’or par les Banques centrales (667 tonnes en 2019) ;

[ Source : https://www.gold.org ]

* l’industrie (326 tonnes).

Au total, en 2019, la demande en or dans le monde s’est élevée à près de 4390 tonnes :

[ Source : https://www.gold.org ]

La pandémie de coronavirus a bien entendu affecté négativement la demande physique d’or pour la joaillerie notamment, même si en Chine – et surtout en Inde – offrir des bijoux en or demeurent le nirvana du raffinement à tout le moins une institution sociale. Mais c’est l’or papier qui tire la demande en 2020 au travers des fonds indiciels adossés au cours de l’or connus sous le doux nom d’ETF.

L’or : une valeur refuge ?

Si l’on en croit ce sondage OpinionWay pour Aucoffre.com, réalisé en 2019, 73 % des sondés considèrent l’or comme une valeur refuge en temps de crise.

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