L’effet boule de neige de la dette publique

La dette publique fait couler beaucoup d’encre en ce moment, en particulier depuis la publication du rapport sur l’avenir des finances publiques en France dont j’avais rendu compte dans cet article. En particulier, les médias font souvent usage de l’expression « effet boule de neige », lorsqu’il s’agit d’évoquer l’emballement de la dette publique. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Le constat sur la dette publique

Voici le taux d’endettement public au sein de l’Union européenne au troisième trimestre 2020 :

[ Source : Eurostat ]

Selon Eurostat, par rapport au troisième trimestre 2019, tous les États membres ont enregistré une hausse de leur ratio de la dette publique par rapport au PIB ! Il est vrai que la crise liée à la covid-19 est passée par là… Les hausses les plus fortes ont été observées à Chypre (+22,9 points), en Italie (+17,4 points), en Grèce (+17,3 points), en Espagne (+16,6 points) et en France (+16,5 points).

La dynamique simplifiée de la dette publique

Tout d’abord, il faut garder à l’esprit que c’est au taux d’endettement public que l’on s’intéresse, défini comme le rapport entre le volume de dette publique et le PIB. Dès lors, l’on peut montrer que le taux d’endettement public à une année donnée t+1 (noté dt+1) dépend du taux d’endettement public de l’année précédente (noté dt), du taux d’intérêt sur la dette publique (i), du taux de croissance du PIB (g) et du solde public hors charge d’intérêt (noté bpt+1):

Cette relation est en fin de compte assez simple à comprendre, puisqu’elle dit simplement que l’évolution du taux d’endettement public dépend des conditions d’emprunt (taux d’intérêt), des conditions économiques (taux de croissance) et de l’état des finances publiques au même moment (solde public hors charge de la dette).

La stabilisation du taux d’endettement public peut donc s’écrire :

Le solde primaire stabilisant dépend donc de l’écart entre le taux de croissance de l’économie (g) et le taux d’intérêt apparent de la dette publique (i). Dès lors, pour stabiliser la dette publique en pourcentage du PIB, il faut que le solde public primaire soit supérieur au produit du taux d’endettement public (dt) et de l’écart entre le taux d’intérêt sur la dette publique (i) et le taux de croissance en valeur du PIB (g).

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