Les Occidentaux ne manifestent pas le même empressement que la Chine à courir vers les crypto-monnaies.

L’intérêt d’un e-yuan ou d’une CBDC chinoise est évident pour les autorités chinoises à qui une telle monnaie numérique permettra d’asseoir un peu plus le contrôle social que le pays impose à sa population.

Oui, cette crypto-monnaie chinoise va menacer potentiellement la suprématie du dollar, mais…

Mais, cela ne veut pas dire qu’elle sera fatale au dollar, loin de là.

Ce qui a fait la force des Etats-Unis, c’est la liberté. Liberté de vivre, de choix comme d’entreprise. Cette liberté c’est ce qui est essentiellement supprimé par le contrôle social chinois étouffant pour les Occidentaux que nous sommes. Il n’est pas dit que détenir du e-yuan soit autorisé pour les étrangers ou de façon limitée. Il n’est pas dit non plus que détenir de la crypto-monnaie chinoise, que Pékin peut effacer à sa convenance, soit également une excellente idée patrimoniale.

Une bataille épique et passionnante s’annonce. A suivre.

La monnaie est le vrai pouvoir.

Charles SANNAT

Source agence de presse russe Sputnik.com ici

«Le yuan électronique est une arme de guerre»: la Chine s’apprête à lancer sa e-monnaie

Dans la course au développement des monnaies numériques, la Chine prend les devants. François Lenglet estime d’ailleurs sur RTL que cela permettra à l’empire du Milieu d’être plus indépendant du dollar américain, soulignant néanmoins les problèmes de confidentialité.

La Chine se prépare à lancer sa monnaie numérique alors que plusieurs pays tardent à l’introduire la leur pour plusieurs raisons.

Sur le plateau de RTL, François Lenglet a qualifié ce 8 juin l’e-yuan d’«instrument de politique économique extraordinaire» permettant de transférer des fonds directement aux particuliers sans l’intermédiaire des banques.

D’autant plus que la Chine installe toujours plus de caméras à reconnaissance faciale qui repèrent notamment les infractions commises et pourraient ainsi permettre au pays de prélever l’amende instantanément, ajoute-t-il.

Cependant, François Lenglet évoque aussi les problèmes de confidentialité, car l’introduction d’une version numérique du yuan permettra aux autorités de connaître toutes les transactions.

«La fin du cash, c’est la fin de l’anonymat. L’État, ou plutôt la Banque centrale, ce qui est pareil car elle est sous contrôle du pouvoir politique en Chine, sait tout de vous, dans les moindres détails. Car vos transactions financières révèlent une bonne partie de votre vie. L’argent liquide, c’est la protection de la vie privée, alors que la monnaie électronique, c’est le rêve de Big Brother», expose le journaliste.

«Une arme de guerre contre l’Amérique»

En outre, il évoque une motivation «géopolitique».

«Le yuan électronique est une arme de guerre contre l’Amérique, et plus précisément contre le dollar. Aujourd’hui, près de 90 % des transactions internationales sont effectuées en dollars. Cela permet à l’Amérique de contrôler la planète. Car toute personne utilisant le dollar est justiciable devant les tribunaux américains».

François Lenglet cite à titre d’exemple les sanctions imposées contre le Soudan, l’Iran ou la Corée du Nord, en particulier contre les banques, ou encore BNP Paribas qui «s’est faite prendre pour avoir commercé avec le Soudan, ce qui lui a valu neuf milliards de dollars d’amende».

«Avec un yuan électronique, les transactions internationales passeront sous le radar américain, en dehors de SWIFT. L’outil sera d’autant plus précieux qu’il y a maintenant bon nombre de Chinois désignés comme criminels par l’Amérique, qui ne peuvent donc plus utiliser le système bancaire international», poursuit-il.

Et de conclure: «Avec une devise internationale sous son contrôle, c’est la Chine qui fera désormais la loi».

Washington s’inquiète

Une perspective qui préoccupe Washington, le statut du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale étant ainsi menacé, indique le Wall Street Journal.

«Tout ce qui menace le dollar est une question de sécurité nationale.

Cela menace le dollar à long terme», confie Josh Lipsky, directeur du Centre de géoéconomie du Conseil de l’Atlantique, organe de décision politique de l’Otan, dans un article publié dans le journal présentant le yuan numérique comme «une ré-imagination de l’argent qui pourrait ébranler un pilier de la puissance américaine».

En effet, la banque américaine Goldman Sachs prédit dans un rapport publié par le site d’actualité CoinDesk que d’ici dix ans, le yuan numérique pourrait atteindre un milliard d’utilisateurs et représenter 15% du total des paiements de consommation, ce qui aiderait également les banques commerciales à gagner plus de terrain auprès des entreprises fintech.

Cependant, les États-Unis ne démontrent pas la même urgence à déployer leur propre monnaie numérique. Le 22 mars, le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, a indiqué que les États-Unis n’étaient pas pressés d’émettre un dollar numérique et qu’ils ne le feront qu’avec un large soutien politique et public.

«Vous pouvez vous attendre à ce que nous agissions avec beaucoup de soin et de transparence», a déclaré M.Powell, ajoutant que l’e-dollar devra mieux protéger la vie privée que l’e-yuan.

Des banques européennes privées sceptiques

Au sein de l’Union européenne, ce sont les banques privées qui se montrent sceptiques face à l’introduction de monnaies numériques, car les particuliers posséderaient ainsi directement un porte-monnaie électronique à la BCE, et plus auprès des banques privées.

«Le principal écueil d’une monnaie numérique de banque centrale serait de court-circuiter les banques commerciales et de leur enlever une partie substantielle de leurs métiers», ajoute au Figaro Pierre-Édouard Batard, directeur général de la Confédération nationale du Crédit mutuel.

Les États-Unis, la Chine et l’UE ne sont cependant pas les seuls pays à travailler sur une monnaie nationale ou supranationale numérique. La Banque centrale russe s’est également lancée dans cette course. Elle prévoit de tester l’e-rouble en 2022, a déclaré ce 8 avril lors d’une conférence de presse le premier vice-président de l’institution, Olga Skorobogatova.

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