Le marché québécois a énormément de besoins, surtout dans les régions

En 2019, le bureau Cooptalis Montréal a réalisé un peu plus de 80 recrutements, dont environ 70% de Français.

Experte de la mobilité professionnelle internationale, la start-up française Cooptalis aide les entreprises québécoises à combler leur pénurie de main-d’oeuvre.

Elle peut s’enorgueillir de figurer parmi les 120 entreprises « les plus prometteuses » de France, celles identifiées par l’Etat comme capables de « devenir des leaders technologiques de rang mondial ». La société Cooptalis, experte de la mobilité professionnelle internationale, connaît en effet depuis sa création, en 2012, une progression fulgurante. Née dans les Hauts-de-France, elle compte aujourd’hui près de 760 collaborateurs répartis dans 17 agences à travers le monde.

Depuis janvier 2019, Cooptalis dispose également d’un bureau à Montréal pour accompagner les entreprises québécoises en quête de main-d’oeuvre. En septembre dernier, l’entreprise française a racheté Fleur de Lys Relocation, une société québécoise spécialisée dans la relocalisation. Sandra Henderson, directrice régionale Québec de Cooptalis et Ambre-Océane Lavesque, responsable des opérations à Montréal, décryptent pour L’Express le marché de l’emploi de la Belle Province. Et les opportunités pour les Français.

Comment fonctionne Cooptalis ?

Ambre-Océane Lavesque : Notre ambition est de rendre la mobilité internationale plus facile – à la fois pour les employeurs et les professionnels – et d’aider les entreprises locales à combler leurs besoins de main-d’oeuvre. Nous avons deux types d’approche : une approche « packagée » dans laquelle nous proposons l’ensemble de nos services, qui comprend tout le processus d’expatriation (recrutement, gestion de l’immigration, relocalisation, conseils aux candidats et formation éventuelle, notamment sur la partie linguistique), et une approche « à la carte ». Certaines entreprises peuvent en effet avoir besoin de nous uniquement sur la partie immigration ou sur la partie relocalisation.

En fonction des besoins de nos clients, nous ciblons des pays de recrutement et nous faisons appel à nos équipes sur place – nous sommes notamment présents au Maroc, en Tunisie, en Belgique, en Roumanie, en Pologne et au Vietnam.

Nos services sont totalement gratuits pour le candidat, mais cela ne veut pas dire qu’il n’a plus aucun frais à sa charge… S’expatrier au Québec, ce n’est pas comme partir à Dubaï ! Les entreprises paient très rarement les billets d’avion ou la reconversion du conjoint, par exemple.

Après un peu plus d’un an d’existence, quel est le bilan d’activité du bureau Cooptalis Montréal ?

A-O.L. : L’an dernier, nous avons réalisé un peu plus de 80 recrutements, dont environ 70% de Français. Il faut dire que de nombreuses entreprises ont la connaissance du français comme critère de sélection. Le niveau d’études des professionnels français et leur manière de travailler sont également reconnus ici, sans compter que nos compatriotes ont envie de venir s’installer au Québec !

Sandra Henderson : Nous disposons également d’une entité baptisée « Cooptalis numérique » qui nous permet de recruter, tout au long de l’année, des travailleurs en technologies de l’information, un secteur sur lequel les demandes sont fortes au Québec. Ces personnes sont embauchées par Cooptalis numérique en tant que consultants et les entreprises québécoises chez qui elles sont en mission ont la possibilité de les salarier une fois que les professionnels obtiennent leur résidence permanente. C’est une façon pour nous d’anticiper les besoins des entreprises et de nous affranchir des délais d’immigration, qui sont particulièrement longs (huit à neuf mois minimum). Une dizaine de personnes, toutes Françaises, travaillent actuellement pour Cooptalis numérique, et nous prévoyons une vingtaine d’embauches supplémentaires.

A part les technologies de l’information, quels sont les autres secteurs qui recrutent dans la Belle Province ?

A-O.L. : Le domaine de la santé (infirmiers, aides-soignants) est en forte pénurie, tout comme celui de la construction. Attention toutefois, car ces secteurs sont régis par des ordres professionnels, et les travailleurs étrangers ne retrouvent pas forcément tout de suite un poste équivalent à celui qu’ils avaient dans leur pays d’origine. Le secteur industriel recrute aussi beaucoup, avec un spectre très large (ingénieurs en aérospatial-aéronautique, mécaniciens industriels, techniciens sur des lignes de production, etc.)

S.H. : Le marché québécois a énormément de besoins, et pas uniquement à Montréal. Les demandes sont très fortes dans les régions, sans compter que l’intégration peut y être facilitée… Dans des villes comme Sherbrooke, Drummondville ou Trois-Rivières, les employeurs ont tellement besoin d’aide qu’ils mettent en place des accompagnements pour les expatriés. La pénurie s’y fait sentir notamment sur les profils « cols bleus » : techniciens dans des usines d’assemblage, soudeurs, machinistes, etc.

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