Les gens n’y croient pas sauf que c’est écrit noir sur blanc et les déclarations vidéos des tenants de ce grand changement, de cette 4e révolution industrielle – qui « mènera à une fusion de l’identité physique, numérique et biologique” – sont nombreuses. Il suffit de lire et de voir pour comprendre ce qui se passe.

On parle de plus en plus du concept « The Great Reset » (la grande réinitialisation), notamment de nombreux discours complotistes circulent sur le sujet alors que les médias mainstream restent relativement discrets, j’avais envie d’un savoir plus.

Alors j’ai lu le livre « Covid-19 : la grande réinitialisation » de Klaus Schwab (le fondateur du Forum de Davos, qui aura lieu en janvier 2021 sur ce thème) et Thierry Malleret (un consultant français). Aucun des deux n’a écrit ce livre, à mon avis, on reconnaît de suite le style des cabinets de conseil américains du genre McKinsey ou Boston Consulting Group. C’est assez ennuyeux à lire, les choses ne sont jamais affirmées franchement, c’est toujours un « on » qui parle, jamais un « je », mais j’ai pu glaner de nombreuses citations (27) qui explicitent ce vocable.

Ça commence très fort : « La crise mondiale déclenchée par la pandémie de coronavirus n’a pas d’équivalent dans l’histoire moderne. » (Introduction, j’indique les chapitres, pas les pages, j’ai lu le livre en format epub). C’est bien sûr faux, l’islamisme et l’immigration incontrôlée sont bien plus dangereux, pour l’Occident en tout cas, mais il faut susciter la peur, sinon l’apocalypse, afin de prendre le pouvoir sur les esprits, comme je l’explique dans mon livre La Renaissance de l’Occident. Et face à cet événement qui, selon les auteurs, change le cours du monde, ils affirment que « Beaucoup d’entre nous se demandent quand les choses reviendront à la normale. Pour faire court, la réponse est : jamais. La normalité d’avant la crise est « brisée » et rien ne nous y ramènera, car la pandémie de coronavirus marque un point d’inflexion fondamental dans notre trajectoire mondiale. » (1.1)

Et attention, pas question de peser le pour et le contre pour les auteurs qui dénoncent « Le sophisme économique consistant à sacrifier quelques vies pour sauver la croissance » (1.2.1.2), il faut se conformer docilement au confinement : « retarder le confinement ou rouvrir trop tôt a toujours été une tentation politique très forte. Toutefois, plusieurs études ont depuis lors montré qu’une telle tentation comportait des risques considérables.[…] Selon une étude menée par l’Imperial College de Londres, les mesures de confinement rigoureuses imposées à grande échelle en mars 2020 ont permis d’éviter 3,1 millions de décès dans 11 pays européens » (1.2.1.2). La manipulation éclate dès les premières pages avec cette reprise des estimations totalement délirantes et maintes fois démenties de l’Imperial College (500.000 morts en France lors de la première vague si on ne confine pas…). Le programme est tout tracé, il faut confiner et attendre pieusement le vaccin : « un retour complet à la normale ne peut être envisagé avant qu’un vaccin soit disponible. » (1.2.2.1)



Cela dit même le vaccin, au fond, ne changera rien, on ne reviendra jamais à la situation antérieure : « Dans l’ère post-pandémique, selon les projections actuelles, la nouvelle « normalité » économique pourrait être caractérisée par une croissance beaucoup plus faible que dans les décennies passées. […] Dans de telles conditions, alors qu’une croissance économique plus faible semble presque certaine, beaucoup de gens peuvent se demander si cette « obsession » de la croissance est utile, en concluant qu’il n’est pas logique de poursuivre un objectif de croissance du PIB toujours plus élevé. » (1.2.2.3)

Et voici le premier coupable qui apparaît, le PIB : « La dépendance excessive des décideurs politiques à l’égard du PIB comme indicateur de la prospérité économique a conduit à l’épuisement actuel des ressources naturelles et sociales. » (1.2.2.3). Les auteurs l’affirment, « l’augmentation du PIB ne garantit pas l’amélioration du niveau de vie et du bien-être social. » (1.2.2.3). C’est historiquement faux, et rappelons que le PIB (produit intérieur brut) est la somme des valeurs ajoutées des entreprises, c’est-à-dire la libre initiative des entreprises de produire et la liberté des consommateurs d’acheter ou pas. Remettre en cause le PIB c’est attaquer le marché libre, qui garantit justement la prospérité économique.

Selon le livre, il faudrait « soutenir l’activité économique future à un niveau correspondant à la satisfaction de nos besoins matériels tout en respectant les limites de notre planète. » (1.2.2.3). Et revoici le Club de Rome et son rapport sur les limites de la croissance (1972 !), sur l’épuisement supposé des ressources naturelles, toujours démenti, autant par les nouvelles découvertes que par le génie humain (augmentation des rendements agricoles, bientôt la fusion nucléaire, etc.). Mais il faut profiter du Covid pour abattre ce fameux PIB : « Nous ne savons pas encore si la « tyrannie de la croissance du PIB » prendra fin, mais différents signaux suggèrent que la pandémie pourrait accélérer les changements dans bon nombre de nos normes sociales bien ancrées. » (1.2.2.3). Et ensuite il faudra s’engager dans la décroissance (c’est-à-dire l’appauvrissement), « inclusive et durable » (quelle blague) : « il faut faire attention à ce que la poursuite de la décroissance ne manque pas de but précis, comme ce fut le cas avec la poursuite de la croissance ! Les pays les plus tournés vers l’avenir et leurs gouvernements privilégieront plutôt une approche plus inclusive et durable de la gestion et de la mesure de leurs économies… » (1.2.2.3)

On comprend la finalité, il s’agit de tuer le capitalisme, le libéralisme, le libre marché, désigné ici sous le terme de néolibéralisme : « Avant tout, l’ère post-pandémique inaugurera une période de redistribution massive des richesses, des riches vers les pauvres et du capital vers le travail. Ensuite, la COVID-19 sonnera probablement le glas du néolibéralisme, un corpus d’idées et de politiques que l’on peut librement définir comme privilégiant la concurrence à la solidarité, la destruction créative à l’intervention gouvernementale et la croissance économique au bien-être social. Depuis quelques années, la doctrine néolibérale tend à perdre en puissance, de nombreux commentateurs, chefs d’entreprise et décideurs politiques dénonçant de plus en plus son « fétichisme du marché », mais la COVID-19 lui a porté le coup de grâce. » (1.3)

Ce programme socialiste se rapproche autant du « socialisme de marché » à la chinoise que du « capitalisme de connivence » que nous connaissons malheureusement en Occident, et il consiste à tuer la petite entreprise libre et indépendante pour offrir ses dépouilles aux grandes multinationales liées aux États (via la commande publique, les subventions, les réglementations, le pantouflage), comme l’indiquent ingénument les auteurs : « Cela laisse supposer que les grandes entreprises deviendront plus grandes tandis que les plus petites diminueront ou disparaîtront. Une grande chaîne de restaurants, par exemple, a de meilleures chances de rester opérationnelle car elle bénéficie de plus de ressources et, en fin de compte, d’une concurrence moindre à la suite des faillites de plus petits établissements.» (2.2.1). Ou encore : « dans les villes où un pourcentage élevé du budget alimentaire était traditionnellement alloué aux restaurants (60% à New York par exemple), ces fonds pourraient être dépensés dans les supermarchés urbains, à mesure que les citadins redécouvrent le plaisir de cuisiner chez eux» (2.2.2). Le confinement semble être une image de notre avenir…

L’objectif c’est l’étatisation de la société, décrite comme allant de soi : « L’une des grandes leçons à tirer des cinq derniers siècles en Europe et en Amérique est la suivante : les crises sévères contribuent à renforcer le pouvoir de l’État. Cela a toujours été le cas et il n’y a pas de raison que ce soit différent avec la pandémie de COVID-19.» (1.3.3). C’est historiquement faux car, sur la période, au XVIIIe siècle, la liberté a fait en Europe et aux États-Unis un bond spectaculaire, qui a justement marqué le début de la prospérité de ces nations. Mais non, pour nos auteurs, l’histoire est toute tracée : « À l’avenir, les gouvernements décideront très probablement, mais avec des degrés d’intensité différents, qu’il est dans le meilleur intérêt de la société de réécrire certaines règles du jeu et d’accroître leur rôle de façon permanente. […] Certains pays choisiront la nationalisation, tandis que d’autres préféreront prendre des parts au capital ou accorder des prêts. En règle générale, il y aura davantage de réglementation couvrant de nombreuses questions diverses… » (1.3.3)



Et pour accélérer cette transition, on pourra compter sur les « activistes », dont les antifas forment la pointe la plus violente, mais cela, le livre n’en parle pas, il préfère dresser un tableau idyllique : « Il pourrait par exemple y avoir un grand nombre de personnes assez indignées par l’injustice flagrante du traitement préférentiel dont bénéficient exclusivement les riches pour que cela provoque un vaste tollé dans la société. » (1.3.1) Et plus loin : « L’activisme des jeunes se développe dans le monde entier, révolutionné par les médias sociaux qui augmentent la mobilisation dans une mesure qui aurait été impossible auparavant. Elle prend de nombreuses formes différentes, allant de la participation politique non institutionnalisée aux manifestations et protestations, et aborde des questions aussi diverses que le changement climatique, les réformes économiques, l’égalité des sexes et les droits des LGBTQ. La jeune génération est fermement à l’avant-garde du changement social. Il ne fait guère de doute qu’elle sera le catalyseur du changement et une source d’impulsion critique pour la Grande réinitialisation. » (1.3.4). Le livre fait même l’éloge du mouvement violent d’extrême-gauche Black Lives Matter et des émeutes qui ont suivi : « la mort de George Floyd a été l’étincelle qui a allumé le feu des troubles sociaux, mais les conditions sous-jacentes créées par la pandémie, en particulier les inégalités raciales qu’elle a mises à nu et le niveau croissant de chômage, ont été le carburant qui a amplifié les protestations et les a maintenues. » (1.3.2). Ce qui est proposé dans ces pages n’est rien d’autre qu’un processus de violence révolutionnaire destructeur de nos libertés fondamentales.

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