L’assurance vie rapportera moins en 2019

En raison des taux bas, les analystes s’attendent pour cette année à une baisse drastique de la rémunération des contrats d’assurance vie.

Alors que l’environnement général de taux semble parti pour rester déprimé pendant encore longtemps, les analystes s’attendent pour l’année 2019 à une baisse drastique de la rémunération des contrats d’assurance vie. “Ces dernières années, les baisses étaient finalement plus faibles que ce qui était escompté. On voit en revanche qu’en 2019, il y a le franchissement d’un réel palier”, explique Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.

L’assureur Generali France, poids lourd du secteur dans l’Hexagone, vient d’annoncer vouloir diviser par presque deux la rémunération de ses produits d’assurance vie pour 2019: elle est ramenée de 1,75% en 2018 à 1% en 2019. Son concurrent Swiss Life a quant à lui dévoilé un taux de rendement 2019 de 1%, au lieu de 1,5% servi pour 2018. Axa s’est contenté, de son côté, d’indiquer qu’il y aurait “bien des ajustements à la baisse cette année sur les rendements des fonds en euros”. Et l’assureur CNP?Assurances a peu ou prou fait passer le même message.

En France, l’assurance vie représente de loin le premier placement d’épargne. Quelque 1,78 milliard d’euros y sont investis, aux deux tiers sur des supports dits “fonds euros”, dont le capital est garanti quelle que soit l’évolution de la conjoncture.

Effets de communication

“Il y a une communication organisée par le secteur pour faire passer le message que le fonds euros ne rapporte plus rien, mais dans la pratique, les taux moyens seront supérieurs” aux annonces récentes, relativise Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet spécialisé Good Value for Money. Il table sur un taux moyen de 1,20% contre environ 1,8% en 2018.

Ceci étant, ce serait à peine supérieur à l’inflation, ce qui revient à ne faire guère plus que préserver le pouvoir d’achat des épargnants. Il y a “une rupture évidente par rapport à la tendance précédente qui était une baisse lente. Là, on a une baisse rapide et assez logique, dans le sens où on a un contexte de taux d’intérêt très bas qui va durer”, explique Philippe Crevel.

Il y a encore un an, beaucoup d’assureurs espéraient que la Banque centrale européenne resserre les cordons de sa bourse et donne le coup d’envoi d’une remontée progressive des taux d’intérêt en Europe. Dans un contexte de multiplication des incertitudes, l’institution monétaire de Francfort a toutefois décidé de reporter ce resserrement et annoncé cet été vouloir recommencer à déverser de l’argent frais sur le système financier pour soutenir l’économie.

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