Je ne connaissais pas ce concept de profil de reprise.

Nous connaissons le V, le W, le L, j’avais même inventé celui en forme de racine carrée, mais je ne connaissais pas celui en forme de « K » et pourtant c’est bigrement intéressant.

Je vous traduis donc l’essentiel de cet article de CNBC une grande chaîne d’informations financières américaine.

« L’inquiétude grandit face à une reprise économique en forme de K qui favorise les riches »

Voilà pour le titre de cet article.

« Alors que l’économie lutte pour se débarrasser des effets de la pandémie, on craint de plus en plus que la reprise ne ressemble à un K.
Il s’agirait d’une situation où la croissance se poursuivrait mais serait inégale, répartie entre les secteurs et les catégories de revenus.
Un sujet de préoccupation évident est la dichotomie entre le marché boursier et l’économie réelle, surtout si l’on considère que 52 % du marché est détenu par le 1 % des revenus les plus élevés.
« Ne nous perdons pas dans les différentes lettres de l’alphabet », a déclaré le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. « Il y a certainement des parties de l’économie qui ont besoin de plus de travail ».

L’histoire de la dernière génération est bien connue de l’économie américaine, où les bénéfices de l’expansion se font surtout sentir au sommet et ceux qui se trouvent au bas de l’échelle se font plus rares.

Certains experts pensent que la pandémie de coronavirus ne fera qu’empirer les choses.

L’inquiétude d’une reprise en forme de K s’accroît dans les milieux économiques obsédés par l’alphabet. Cela impliquerait une croissance continue, mais répartie de manière très inégale entre les industries et les groupes économiques.

C’est un scénario dans lequel les grandes surfaces et les banques de Wall Street en profitent, tandis que les magasins, les restaurants et les autres professions de services sont à la traîne. Bien qu’ils ne soient pas facilement visibles dans les chiffres du PIB pour les prochains trimestres, qui seront plus que jamais d’actualité, les avantages inégaux de la reprise constituent des risques à long terme pour la santé économique nationale.

« La reprise en forme de K n’est qu’une réitération de ce que nous avons appelé la bifurcation de l’économie pendant la grande crise financière. Il s’agit en fait de l’inégalité croissante depuis le début des années 1980 dans le pays et dans l’économie », a déclaré Joseph Brusuelas, économiste en chef de RSM. « Quand on parle de K, la voie supérieure du K est clairement les marchés financiers, la voie inférieure est l’économie réelle, et les deux sont séparées ».

« En effet, l’une des façons les plus simples d’envisager le schéma K actuel est d’observer la flambée fulgurante du marché boursier depuis la fin mars, par rapport au reste de l’économie. Alors que le marché a atteint de nouveaux sommets, que le PIB a plongé à un taux annualisé record, le chômage, bien qu’en baisse, reste un problème, en particulier dans les groupes à faibles revenus, et des milliers de petites entreprises ont fait faillite pendant la pandémie ».

Pour le moment nous avons bien une reprise en K, comprenez par-là que pour un pan de l’économie tout va encore mieux tandis que pour le second c’est une crise monumentale pour ne pas dire cataclysmique.

Il n’y a pas là qu’un problème d’égalité ou d’inégalités.

Il y a aussi des changements d’usages et des ruptures technologiques phénoménales qui rebattent durablement les cartes.

Des secteurs entiers s’effondrent peut-être même au point de disparaître sous la forme qu’on leur connaissait jusqu’à présent.

C’est également une phase, terrible, de « destruction créatrice ».

Charles SANNAT

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