Le métal jaune séduit toujours dans les périodes de crise. S’il possède des atouts à faire valoir, il souffre aussi de faiblesses qu’il faut connaître. À n’utiliser que dans le cadre d’une diversification de son patrimoine, lorsqu’il est assez conséquent.

LES BONNES RAISONS D’EN ACHETER

L’or n’est pas un placement, car il ne rapporte aucun intérêt. C’est un investissement qui ne pourra vous enrichir que si son cours évolue favorablement. Considéré comme une valeur refuge, il est très demandé lorsque apparaissent des inquiétudes sur la santé de l’économie, ou si une crise importante est redoutée. C’est durant ces périodes que son cours s’apprécie à la hausse. On l’a vu en 2008, lors de la crise financière dite des subprimes (les crédits à risque élevé vendus aux États-Unis), lors de la crise de l’euro en 2011, et encore l’an dernier avec l’apparition de l’épidémie de Covid-19.

Le fait de détenir de l’or dans son patrimoine permet donc d’atténuer l’ampleur d’une crise financière. Il peut aussi être utile d’en posséder lors d’une crise monétaire majeure, puisque sa rareté en fait une monnaie d’échange.

Le + Pleine Vie : Les professionnels de la gestion considèrent qu’il faut en acquérir à hauteur de 5% à 10% de son patrimoine, lorsque celui-ci est assez étoffé pour justifier une large diversification. En gardant à l’esprit que, en dehors des crises, sa valeur peut diminuer, surtout si de nouveaux filons sont découverts ou si l’industrie découvre des solutions moins onéreuses pouvant s’y substituer.

COMMENT SE LE PROCURER ET LE CONSERVER

L’or d’investissement prend la forme de lingots (1 kg), lingotins ou plaquettes (20 g, 50 g…) ou de pièces. Pour investir, il est nécessaire d’acheter de l’or pur sous sa forme la plus simple de « bloc ». Si vous préférez des pièces, plus accessibles, privilégiez celles qui sont pures (le Napoléon 20 francs, par exemple, qui pèse 5,81 g d’or pur à 900/1 000e ) et vendues au prix du métal, c’est-à-dire sans ajouter une « prime » en raison de la rareté de la pièce elle-même.

Attention : certaines d’entre elles, en état remarquable de conservation, peuvent voir leur prix s’envoler au-dessus du cours de l’or, car elles sont prisées des collectionneurs.

Se pose ensuite le problème de sa conservation. Il est possible de le garder à domicile, mais vous serez à la merci d’un cambrioleur, car il s’agit d’un bien facilement négociable qui ne peut être tracé. Votre assureur ne vous remboursera d’ailleurs rien, car sa détention est difficile à prouver. Certains acceptent, mais au prix de fortes contraintes (l’installation d’un coffre à domicile, par exemple) et d’une majoration du tarif.

La solution la plus sûre consiste à le conserver dans un coffre bancaire, ce qui entraîne des frais. La location coûte en moyenne autour de 100 €/an mais toutes les banques (et encore moins toutes les agences) ne le proposent pas.

Le + Pleine Vie :Oubliez les bijoux. Leur prix est déconnecté du cours de l’or puisque vous achetez à la fois le métal, le façonnage et la valeur de la marque qui le propose. Ils perdent d’ailleurs de 20 % à 30 % de leur valeur dès la sortie du magasin.

LE POIDS DES TAXES

Il suffit de se rendre dans un magasin spécialisé ou de passer par sa banque pour acquérir de l’or en barre ou en pièces. Vous n’aurez aucune taxe à payer au moment de l’achat dès lors qu’il s’agit d’or pour investissement, mais des frais de transaction, variables selon les établissements, vous seront facturés. Les pièces de collection et les bijoux en or supportent la TVA. En revanche, lors de la revente, vous serez redevable d’une taxe forfaitaire de 11,5 % sur le prix de vente, même si elle s’effectue à perte. Pour être gagnant, il faut donc que le cours de l’or ait augmenté au moins de 13 %.

Le + Pleine Vie : Si vous disposez d’une facture prouvant la date de votre achat, vous pouvez opter pour un autre régime : la taxation sur la seule plus-value (la différence entre prix d’achat et prix de vente). Dans ce cas, l’impôt s’élève à 36,2 % du bénéfice réalisé, y compris les prélèvements sociaux. Pour y échapper, il faut conserver votre or pendant au moins vingt-deux ans.

INVESTIR DANS LES MINES

Il est possible de miser sur l’or en achetant des actions de sociétés minières ou aurifères. Vous ne serez pas en possession d’or physique et ne disposerez pas de la valeur refuge. En revanche, vous pourrez prétendre à des dividendes si l’entreprise dont vous êtes actionnaire fait des bénéfices, et profiterez d’une plus-value à la revente si son cours augmente, lorsque la firme améliore ses résultats financiers ou découvre un nouveau filon.

Ces sociétés, en général étrangères (AngloGold, Barrick, Polymetal… ) sont difficilement accessibles pour un investisseur non averti et les critères de sélection sont délicats. Il est souvent préférable de privilégier l’investissement via des fonds collectifs (Sicav, fonds communs de placement) dans lesquels un gérant choisit les titres mis en portefeuille et réalise les arbitrages nécessaires. Ces fonds sont accessibles dans tous les établissements financiers, à partir de quelques dizaines d’euros. Ils investissent en général sur le secteur de l’or et des autres métaux précieux. Nombre d’entre eux affichent de brillantes performances depuis trois ans, avec des hausses comprises entre 50 % et 90 % sur cette période. Mais ils sont risqués, comme tout produit boursier.

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