Les ventes forcées d’un fonds obscur ébranlent de grandes banques européennes. Sommes-nous revenus en 2007, lorsque BNP-Paribas avait suspendu la liquidité de trois de ses fonds ? Peut-être mais les risques ont changé.

Le fonds Archegos est un hedge fund ou « fonds spéculatif » qui investit sur les marchés financiers à crédit. Il emprunte et place l’argent sur les marchés actions, les marchés des options, etc.

Le but : gagner sur la différence entre le coût de l’emprunt et les gains opérés en Bourse.

En principe, c’est un jeu d’enfants.

Le coût de l’emprunt est très faible puisque les banques centrales manipulent les taux à la baisse.

Les perspectives de gains en Bourse sont élevées puisque justement Archegos n’est pas seul et qu’une énorme quantité d’actifs financiers cotés sont achetés à crédit.

C’est un jeu d’enfants tant que les prix des actifs financiers progressent et ils progressent tant que les banquiers centraux créent du crédit quasi-gratuit en quantité infinie.

Hélas, ces beaux rouages se sont légèrement détraqués. Archegos a fait un mauvais placement sur ViacomCBS qui a récemment perdu 50,3% de sa valeur à Wall Street. Dans cette situation, le courtier ou la banque – qui prête de l’argent à son client pour qu’il achète des actions – augmente ses appels de marge, c’est à dire la somme à consigner en garantie. Archegos aurait calé et cela s’est su. D’autres prêteurs se sont alors manifestés sans plus de succès. La règle consiste alors à vendre les positions détenues par le client pour dégager de l’argent et couvrir l’appel de marge. Dans le cas qui nous intéresse, il a fallu vendre précipitamment pour 20 Mds$. De positions.

Le problème est qu’Archegos se concentrait sur quelques valeurs (Baidu, Discovery, Tencent) qui ont à leur tour lourdement chuté du fait des ventes.

Dans une telle configuration, la spirale baissière s’enclenche. Les autres prêteurs (des banques) réclament à leur tour leurs appels de marge pour couvrir les valeurs qui ont baissées ; faute de répondant, ils procèdent à leur tour à des ventes forcées. Impliquées : Crédit Suisse, Nomura, Goldman Sachs et Deutsche Bank.

La question que se pose désormais le microcosme financiers jonglant avec les produits dérivés est : est-ce terminé ou est-ce le début de l’effondrement de la bulle gonflé par l’achat à crédit quasi-gratuit de titres financiers surévalués ?

Pour ceux qui douteraient de l’effet des « comptes sur marge », c’est à dire achat à crédit au travers d’intermédiaire, voici un graphique qui représente les évolutions comparées depuis 1997de l’indice actions Standard &Poor’s 500 en bleu et des comptes sur marges en rouge. Ils atteignent aujourd’hui 800 Mds$.

Vous pouvez constater que la corrélation est très étroite.

Selon Mohammed El-Rian, un des ex plus grands gérants mondiaux de fonds de pension (Fonds Pimco appartenant à Allianz) qui s’exprimait sur CNBC :

« Pour le moment, cela semble être un cas isolé… pour le moment la situation paraît sous contrôle. Et c’est une bonne chose […] Ce que nous ne voulons pas c’est une accumulation»

L’avis de Mohammed El-Erian est précieux. Nous avons affaire à un individu qui a démissionné avec pertes et fracas en 2014, expliquant que les tripatouillages des banques centrales l’empêchaient de faire honnêtement son travail de gérant ayant des comptes à rendre et des revenus à remonter à des retraités. Mohammed El-Erian est resté chez la compagnie mère, Allianz qui en tant qu’assureur ne pratique pas le « levier », les investissements à crédit.

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