Après GameStop, la rébellion des petits porteurs n’a pas fini de secouer la Bourse titre LCI qui relaie les inquiétudes de « l’establishment » financier qui tremble.

« Par leur nombre, et en s’organisant sur internet, les épargnants américains viennent de démontrer qu’ils pouvaient collectivement faire bouger le cours d’une action dans un sens que Wall Street n’avait pas prévu, faisant perdre des dizaines de milliards de dollars à de grands fonds spéculatifs. Et ce n’est qu’un début ».

Je ne reviens pas sur les explications techniques et financières concernant ce qu’il s’est passé sur l’action GameStop.

Lisez plutôt cela toujours dans cet article de LCI…

« À écouter certains traders, ce qui s’est passé la semaine dernière serait l’équivalent financier de l’assaut sur le Capitole au début du mois : une foule agressive et désordonnée s’attaquant au siège du pouvoir, un Wall Street face à son tiers-état, le couteau entre les dents. Une analogie qui a ses limites, d’abord parce que l’assaut, si c’en est un, était entièrement dématérialisé, et que nos soutiers de la finance n’en voulaient pas à l’institution, mais juste à une partie de sa noblesse. Ces dernières semaines, les hedge funds pratiquant la vente à perte auraient perdu près de 70 milliards de dollars. Ce que ne dit pas l’histoire, c’est qu’il est des raisons macroéconomiques qui expliquent que l’épisode GameStop n’est que le début… »

De la même manière que vous avez des class action en termes juridiques, de la même manière qu’Internet change tout, ubérise certains métiers, en détruit d’autres, et déstabilise des pans entiers de la vieille économie, il est très logique que la bourse soit aussi affectée par la capacité d’échange et d’organisation des petits porteurs autrefois isolés.

LCI se demande enfin si en France, une telle situation serait possible ?

« Chez nous aussi, l’actionnariat particulier a explosé ces derniers temps, d’un côté par des vagues successives à chaque grande privatisation, la Française des Jeux en étant le dernier exemple, mais aussi du fait de marchés plus accessibles pour les petits porteurs, qui peuvent désormais gérer leur portefeuille boursier tout au long de la journée sur l’écran de leur smartphone. Selon les estimations, ce seraient jusqu’à 1,2 million de nouveaux petits porteurs qui seraient ainsi apparus en France en 2020 ».

Avec 1.2 million d’actionnaires, les Français pourraient largement influencer de manière radicale certains cours d’action de la bourse de Paris, y compris les plus grosses entreprises et les plus grosses capitalisations du CAC 40.

Pour cela il manque le cadre d’organisation et des forums suffisamment puissants et regroupant suffisamment d’actionnaires individuels pour passer à l’acte simultanément.

Se poserait alors le vrai sujet, celui de la responsabilité juridique de celui qui hébergerait le forum en question… mieux vaut qu’il soit situé à l’étranger, car il est presque certain qu’en cas de réelle influence sur les marchés les organisateurs passeraient sous les fourches caudines de l’AMF et de la justice française pour délits d’initiés. Cela s’est déjà produit pour des associations d’actionnaires.

On ne touche pas au grisbi. La démocratie a toujours comme limite le grisbi des gros !

Charles SANNAT

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