La crise du coronavirus pourrait faire augmenter le chômage de 13%.

Simone Wapler est de retour, avec sa lucidité et son bon sens habituels… pour nous parler d’or, bien sûr – et notamment des baisses enregistrées ces derniers temps.

Suite au coronavirus, alias Covid-19, la hotline des investisseurs aurifères en détresse est fermée jusqu’à nouvel ordre. Le confinement est pénible, autant ne pas subir les injures et les lamentations des têtes de linottes à la mémoire de poisson rouge, sanglotant à chaque baisse de l’or.

Ces lignes s’adressent donc à l’investisseur raisonnable. Cet investisseur achète de l’or physique livré ou livrable à première demande (lorsque c’est possible – la pénurie n’affecte pas que les pâtes, en ce moment…) ; il ne l’achète pas pour de mirifiques plus-values ; il l’achète à titre de couverture contre un désastre monétaire programmé par les banques centrales.

Si le prix de l’or venait à exploser brutalement, c’est que le désastre monétaire serait déjà là. Nous n’y sommes pas encore.

En attendant, sur le chemin cahoteux vers le désastre final, le prix de l’or exprimé dans différentes devises oscille à la hausse : il monte, baisse, monte, baisse, etc. Comme il monte plus qu’il ne baisse, sur le long terme, son cours progresse quelle que soit la devise que vous choisissez comme référence.

L’investisseur raisonnable se contente donc d’acheter les creux (buy the dip) et d’augmenter sereinement sa couverture anti-catastrophe monétaire absolue.

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Sur ce graphique, j’ai repéré l’épisode de la crise de 2008. Vous observerez que l’or avait baissé dans ce krach avant de reprendre son élan.

La vue de ce graphique met en évidence que l’or en euro atteint des prix plus élevé qu’au moment de la crise de la dette en euro. Le dollar n’est donc pas un refuge universel, la devise suprême : certains préfèrent l’or aux bons du Trésor. Certes le dollar s’est apprécié contre l’euro en 2011- 2012, mais l’or aussi.

La vue de ce graphique montre que, depuis 2008, l’or s’est aussi apprécié en francs suisses, monnaie pourtant considérée comme un refuge par les européens continentaux.

Pourquoi le désastre monétaire serait-il certain ?

Une bande de charlatans – certes aussi brillants et éduqués que John Law en son temps – ont fait perdre tout bon sens économique aux masses laborieuses.

Ces charlatans se sont arrogé le contrôle de la quantité, de la qualité de la monnaie et de sa distribution. Ils prétendent savoir quelle quantité de monnaie il faut à une économie. Ils croient que lorsque l’économie ralentit, il suffit d’ouvrir les vannes du crédit, pour que la machine reparte.

Un exemple parmi les millions de lignes écrites tous les jours par nos économistes, journalistes, politiciens :

« A l’échelle de la planète, une action coordonnée des différentes banques centrales devra être menée bien au-delà de mille milliards d’euros/dollars pour reconstruire les économies nationales. »

Olivier Coppin, journaliste multimédia, s’exprimant sur LinkedIn

On ne voit pas en quoi une économie se reconstruirait (ou se construirait) grâce à de l’argent factice créé à volonté. La fausse monnaie n’a jamais favorisé les échanges, bien au contraire. Les gens produisaient et échangeaient profitablement avant l’existence des banques centrales.

Le bon sens veut que l’on échange quelque chose contre autre chose. L’échange se fait car l’acheteur comme le vendeur pensent y trouver leur intérêt. Quel est le crétin égaré qui serait content d’échanger quelque chose contre du vent ? La monnaie est une phase transitoire de l’échange qui nous évite les vicissitudes du troc (moi vouloir ta peau de bison mais toi pas vouloir en paiement de mon sel récolté à grand peine. Nous être embêtés sans monnaie).

Pour que l’échange soit honnête, encore faut-il que la monnaie soit quelque chose et pas une vague promesse. D’où l’or qui représente l’immense avantage d’être à la fois monnaie et marchandise.

Mais depuis ce jour de 1974 où le dollar s’est décroché de l’or, toutes les grandes devises ne sont devenues que de vagues promesses de payer un jour. Plus précisément, toutes les monnaies ne sont que des reconnaissances de dette. Ce qui peut se créer de façon illimitée sans aucun effort n’a aucune valeur.

Pourquoi donc les accepter et surtout les conserver ? A cause des taux d’intérêt qui sont en principe proportionnels au risque d’accepter ces créances. Mais quand les taux sont à zéro, on échange quelque chose contre rien. Quand ils sont négatifs, on nage en pleine folie. Il n’y a plus de repère, plus de bon sens.

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