Pourquoi sommes-nous si peu attachés aux libertés fondamentales et si prompts à les voir disparaître sans réaction ? Les libertés fondamentales sont celles qui touchent à l’essence même de la personne humaine, qui fait qu’une personne est une personne et non pas un objet ou un esclave (ce qui revient au même). Parmi ces libertés on trouve la liberté de penser et de parler, de se déplacer, de pratiquer une religion, de fonder un foyer et d’avoir des amis, d’exercer son objection de conscience, de fonder une entreprise et de la développer. Ces libertés sont essentielles pour bâtir une société libre et prospère, une société où les gens sont heureux. Dans le monde communiste, où ces libertés étaient bafouées, il n’y avait que laideur et tristesse, comme en témoigne le grand nombre de suicides.

Les libertés fondement de la personne humaine

Les libertés sont toujours en tension entre le respect de la personne humaine, son unicité, sa distinction, et le respect de règles globales et générales qui permettent la vie en société. Mais être en tension ne signifie pas être en contradiction. C’est parce que les personnes sont des personnes qu’elles s’associent entre elles et qu’elles forment des groupes et des sociétés. D’abord un foyer, puis une nation et enfin un ordre international. Ce qu’a démontré Hayek, notamment, c’est que l’ordre spontané des personnes est le plus à même de bâtir une société cohérente et forte ; plus que l’ordre construit imposé par des normes et des règles. Sans respect des libertés fondamentales il n’y a plus d’ordre spontané et, in fine, il n’y a plus de société, mais au contraire le chaos. La Russie soviétique à l’époque de Brejnev et de Gorbatchev était un chaos de contradictions, de petits bureaux, de contrordres, qui empêchaient le fonctionnement de l’État, comme l’a tragiquement démontré l’accident de Tchernobyl. Derrière la façade immobile qui peut sécuriser règne le chaos d’une société qui n’est plus organisée, mais maltraitée.

À l’inverse de ce que l’on peut penser de façon intuitive, l’ordre spontané est plus à même que l’ordre constructiviste de créer une société et un ordre stable, générateur de vides culturels et d’insécurité sociale.

Nous devrions donc être très attachés aux libertés fondamentales, non seulement par respect pour l’intégrité des personnes, mais aussi parce qu’elles seules apportent le bonheur et la prospérité, ce que démontre l’histoire de l’Europe. Pourtant, ces libertés semblent ne pas compter. Un Président peut annoncer dans la même semaine l’interdiction de l’école à la maison et la suppression de la clause de conscience des médecins dans la pratique des IVG sans que cela ne semble choquer et susciter de réactions négatives. Ce sont pourtant deux atteintes graves. La première à la liberté fondamentale des parents de choisir l’éducation de leurs enfants, y compris l’école chez eux. L’enfant n’appartient pas à l’État et l’école n’est pas un lieu de rééducation et de formatage, contrairement à l’école républicaine fondée par Ferry. La seconde au droit élémentaire à reconnaitre aux personnes une clause de conscience qui permet la possibilité de ne pas faire quelque chose quand on estime que cela va à l’encontre de ce que nous sommes. À cela s’ajoute cet état d’urgence sanitaire qui n’en finit pas de durer et qui semble justifier toutes les attaques possibles : interdiction de travailler, d’enterrer les morts, de visiter les malades et les souffrants. Chacun comprend qu’il s’agit-là de sujets fondamentaux qui touchent aux piliers d’une société, et non pas de sujets secondaires comme la liberté de choisir son programme télé ou son repas du soir. Mais justement, alors que nous croulons de plus en plus sous une extension des libertés secondaires (expansion des chaines de télévision, des modèles de téléphones, du choix des lieux de vacances etc.) nous sommes, de façon simultanée, victimes d’une restriction de plus en plus forte des choix premiers et primaires. Comme si la restriction des libertés fondamentales était camouflée ou compensée par l’accroissement sans limites des possibilités secondaires liées aux conforts de vie. Peut-être un moyen du reste de nous détourner de l’essentiel : nous donner un os à ronger après nous avoir retiré la viande.

Pourquoi aucune révolte ?

Face à ce rapetissement des libertés fondamentales pourquoi n’assistons-nous pas à des révoltes pour demander leur maintien ? Nous sommes passés à peu de chose lorsque le gouvernement a interdit aux bars et restaurants de Marseille de travailler en recevant du public. Des maires ont appelé à l’insoumission, des manifestations ont eu lieu, mais ensuite plus rien. En échange de promesses de compensations financières, la mesure a été acceptée. Plusieurs raisons à cette absence de révolte.

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